les chiropracteurs français dressent le portrait de leur profession
Une enquête nationale menée par l'Institut Franco-Européen de Chiropraxie (IFEC) dresse une état des lieux de la chiropraxie en France. Cette étude, publiée dans la revue scientifique http://Chiropratic_&_manual_therapies, vise à mieux comprendre qui sont les chiropracteur français, comment exercent-ils et quelle est leur place dans le système de santé. A travers un questionnaire adressé à 1000 praticiens, les auteurs offrent un instantané d'une profession encore jeune, en pleine construction et surtout pleine d'avenir.
Un contexte de santé publique marqué par les troubles neuro musculosquelettiques (TMS)
Les troubles troubles neuro musculosquelettiques constituent à l'heure actuelle la première cause d'invalidité dans le monde, selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du ministère français de la santé. En France, ils représentent un enjeu majeur de santé publique, touchant particulièrement la population active et les séniors. L'OMS et la Haute autorité de Santé (HAS) insistent sur la nécessité d'approches non-médicamenteuses comme l'éducation, l'exercice et les thérapies manuelles.
Une profession jeune, féminisée et ayant une bonne formation
L'étude menée entre février et avril 2023 après de 1067 chiropracteurs enregistrés en France montre un profil plutôt jeune de la profession (l' âge moyen des répondants étant de 34.9 ans) et féminin à 68%.
La quasi-totalité des praticiens (94.5%) sont diplômés de l'Institut Franco Européen de Chiropraxie (IFEC), seul établissement agrée en France. Environ un chiropracteur sur cinq possède un diplôme universitaire supplémentaire, le plus souvent un master ou un doctorat obtenu en partenariat avec l 'université de Paris-Saclay, et 80% ont participé à au moins une formation continue durant l'année. Preuve de l'engagement de la profession !
Des pratiques basées sur la prise en charge globale du patient
Les résultats confirment que les patients consultent majoritairement pour des douleurs vertébrales: lombalgies, cervicalgies le plus souvent. Ces troubles concernent surtout les adultes de 25 à 64 ans. Les consultations pédiatriques restent minoritaires, même si certains chiropracteurs en font leur spécialité !
Sur le plan thérapeutique, la grande majorité des praticiens associent plusieurs approches: manipulations vertébrales (93,5%), techniques myofaciales, exercices thérapeutiques, et conseils personnalisés sur l'activité physique, le sommeil ou la posture. Près de 86% déclarent fournir systématiquement des informations éducatives à leurs patients. Ces pratiques sont conformes aux recommandations internationales, qui encouragent la combinaison de soins manuels, d'exercices et d'éducation pour une meilleure gestion des douleurs musculosquelettiques.
Des soins accessibles plus intégrés au système de santé
Si de plus en plus d'assureurs privés proposent dans leurs contrats la prise en charge d'une partie ou de la totalité des actes, la chiropraxie ne bénéficie pas d'un remboursement par l'Assurance Maladie.
Les chiropracteurs exerce principalement en cabinet privé seuls (42%) ou en collaboration avec d'autres praticiens (54%) et 27% d'entre eux travaillent dans un cadre pluridisciplinaire avec des médecins, kinésithérapeutes, podologues, infirmières... On peut noter que ce type de collaboration progresse ce qui montre l'intégration de la chiropraxie.
Une profession en quête de reconnaissance et de coopération
Cette étude montre que la chiropraxie est, malgré tout, encore, moins bien intégré dans le système de santé français qu'en Suisse ou au Danemark. Et ce malgré le fait que les chiropracteurs participent activement à la prise en charge des douleurs musculosquelettiques (TMS), leur contribution restant méconnue. Le manque d'information des autres professions médicales sur la formation et les compétences des chiropracteurs freine les échanges et les orientations croisées. Sans compter les fausses croyances. Pourtant, les auteurs rappellent que dans les pays où la chiropraxie est intégrée à l'université publique et aux structures hospitalières comme la Suisse, le Canada ou le Danemark, les collaborations interprofessionnelles sont beaucoup plus fluides.
Vers un meilleur système d'intégration des chiropracteurs dans le système de santé français?
Dans un contexte où les douleurs rachidiennes figurent parmi les principales causent d'arrêt de travail, la reconnaissance du rôle des chiropracteurs pourrait contribuer à désengorger les filières médicales et à améliorer la qualité de vie des patients.
En bref: la chiropraxie est prête à jouer un rôle majeur dans la réponse aux besoins croissants de soin et de prévention des troubles musculosquelettiques.